L’ancien ministre Moustapha Guirassy, par ailleurs, député à l’assemblée nationale était hier, à Thiès, dans le cadre d’une visite de courtoisie rendue au Pr Ibrahima Faye,
un éminent islamologue. dans cet entretien, il réitère sa candidature à la prochaine présidentielle non sans douter de la pertinence de la tenue d’un conseil des ministres à Diamniadio. «Cela ne veut rien dire, sinon que le chef de l’Etat a été mal conseillé», a-t-il soutenu.

L’As : M. le ministre, quelles sont les raisons de votre déplacement à Thiès ?

Moustapha Guirassy : Je suis venu rendre visite à un Cheikh, un grand professeur, un frère à moi, le Pr Ibrahima Faye. La visite s’inscrit donc dans le cadre de ce qui nous lie, en l’occurrence, la religion musulmane. C’est en effet, un grand intellectuel qui aide la communauté musulmane et en particulier la communauté mouride à avoir plus d’éclairages, pour mieux comprendre la religion. Et au-delà des questions de culte, c’est quelqu’un qui arrive à trouver les bonnes articulations entre les questions religieuses, les questions cultuelles et les questions d’actualité, c’est-à-dire les enjeux nationaux. C’est quelqu’un qui sait faire la part des choses et qui ouvre la religion à la communauté, à la citoyenneté et j’ai beaucoup de respect pour ce qu’il fait. C’est un ami particulier, un ami personnel. Dans le cadre professionnel, il intervient dans mon établissement. Après Thiès, nous allons nous rendre ensemble à Touba, dans le cadre de l’inauguration de l’Université Cheikh Ahmadou Bamba, portée par Serigne Mame Mor Mbacké Ibn Serigne Mourtada. Le Pr Ibrahima Faye est aussi un grand notable de Thiès et je profiterai de la visite pour qu’il me présente à certains acteurs. C’est donc une visite simple mais riche de sens pour moi et il était important que je la fasse.

Le gouvernement du Sénégal a vécu des moments particuliers avec le premier conseil des ministres qui se tient à Diamniadio. N’est-ce pas là aussi un signe d’émergence ?

Oh ! Je crois que le président de la République a été mal conseillé. Avec tout ce que les Sénégalais sont en train de vivre en terme de difficultés avec ces lignes de failles internes que l’on observe un peu partout, comme en témoigne l’ébullition du front social. Les Sénégalais sont tellement fatigués, qu’on aurait pu différer la tenue de ce Conseil des ministres à Diamniadio. Ce n’est pas du tout un symbole d’émergence. Cela n’a aucun impact sur la vie des citoyens au contraire, la perception peut même être négative. J’ai entendu un Sénégalais dire qu’on aurait pu injecter cet argent qui constitue une masse assez importante, dans des projets à plus fort impact. C’est dire que ce Conseil des ministres à Diamniadio ne veut absolument rien dire. D’ailleurs, tout le monde pensait que cette décentralisation des Conseils des ministres à l’intérieur du pays allait changer quelque chose, mais c’est la déception totale et c’est pourquoi, je ne vois pas en quoi un Conseil des ministres à Diamniadio peut avoir un impact positif pour les Sénégalais. Ce n’est même pas le moment de le tenir à Diamniadio.

Kédougou a eu à accueillir un conseil des ministres, est-ce à dire que rien n’a été fait depuis lors ?

Justement on avait beaucoup d’espoir, pensant que le gouvernement serait beaucoup plus proche des citoyens, avec une écoute accrue pour permettre d’apporter des réponses beaucoup plus pertinentes aux interrogations des Sénégalais. Mais on se rend compte que sur 100 décisions prises, on est loin du quart réalisé. Les prochaines joutes électorales montreront le niveau d’insatisfaction des populations. Le même schéma est valablement pour toutes les régions de la périphérie. Les déplacements à l’intérieur du pays n’étaient que du clinquant, du bluff, ils ne correspondent pas à un engagement, à une communion avec le peuple sénégalais. Ce énième déplacement vers un site comme Diamniadio s’inscrit également dans ce cadre de bluff, pour chercher à impressionner, mais les priorités sont ailleurs.

L’ancien ministre Moustapha Guirassy, par ailleurs, député à l’assemblée nationale était hier, à Thiès, dans le cadre d’une visite de courtoisie rendue au Pr Ibrahima Faye, un éminent islamologue. dans cet entretien, il réitère sa candidature à la prochaine présidentielle non sans douter de la pertinence de la tenue d’un conseil des ministres à Diamniadio. «Cela ne veut rien dire, sinon que le chef de l’Etat a été mal conseillé», a-t-il soutenu.

L’As : M. le ministre, quelles sont les raisons de votre déplacement à Thiès ?

Moustapha Guirassy : Je suis venu rendre visite à un Cheikh, un grand professeur, un frère à moi, le Pr Ibrahima Faye. La visite s’inscrit donc dans le cadre de ce qui nous lie, en l’occurrence, la religion musulmane. C’est en effet, un grand intellectuel qui aide la communauté musulmane et en particulier la communauté mouride à avoir plus d’éclairages, pour mieux comprendre la religion. Et au-delà des questions de culte, c’est quelqu’un qui arrive à trouver les bonnes articulations entre les questions religieuses, les questions cultuelles et les questions d’actualité, c’est-à-dire les enjeux nationaux. C’est quelqu’un qui sait faire la part des choses et qui ouvre la religion à la communauté, à la citoyenneté et j’ai beaucoup de respect pour ce qu’il fait. C’est un ami particulier, un ami personnel. Dans le cadre professionnel, il intervient dans mon établissement. Après Thiès, nous allons nous rendre ensemble à Touba, dans le cadre de l’inauguration de l’Université Cheikh Ahmadou Bamba, portée par Serigne Mame Mor Mbacké Ibn Serigne Mourtada. Le Pr Ibrahima Faye est aussi un grand notable de Thiès et je profiterai de la visite pour qu’il me présente à certains acteurs. C’est donc une visite simple mais riche de sens pour moi et il était important que je la fasse.

Le gouvernement du Sénégal a vécu des moments particuliers avec le premier conseil des ministres qui se tient à Diamniadio. N’est-ce pas là aussi un signe d’émergence ?

Oh ! Je crois que le président de la République a été mal conseillé. Avec tout ce que les Sénégalais sont en train de vivre en terme de difficultés avec ces lignes de failles internes que l’on observe un peu partout, comme en témoigne l’ébullition du front social. Les Sénégalais sont tellement fatigués, qu’on aurait pu différer la tenue de ce Conseil des ministres à Diamniadio. Ce n’est pas du tout un symbole d’émergence. Cela n’a aucun impact sur la vie des citoyens au contraire, la perception peut même être négative. J’ai entendu un Sénégalais dire qu’on aurait pu injecter cet argent qui constitue une masse assez importante, dans des projets à plus fort impact. C’est dire que ce Conseil des ministres à Diamniadio ne veut absolument rien dire. D’ailleurs, tout le monde pensait que cette décentralisation des Conseils des ministres à l’intérieur du pays allait changer quelque chose, mais c’est la déception totale et c’est pourquoi, je ne vois pas en quoi un Conseil des ministres à Diamniadio peut avoir un impact positif pour les Sénégalais. Ce n’est même pas le moment de le tenir à Diamniadio.

Kédougou a eu à accueillir un conseil des ministres, est-ce à dire que rien n’a été fait depuis lors ?

Justement on avait beaucoup d’espoir, pensant que le gouvernement serait beaucoup plus proche des citoyens, avec une écoute accrue pour permettre d’apporter des réponses beaucoup plus pertinentes aux interrogations des Sénégalais. Mais on se rend compte que sur 100 décisions prises, on est loin du quart réalisé. Les prochaines joutes électorales montreront le niveau d’insatisfaction des populations. Le même schéma est valablement pour toutes les régions de la périphérie. Les déplacements à l’intérieur du pays n’étaient que du clinquant, du bluff, ils ne correspondent pas à un engagement, à une communion avec le peuple sénégalais. Ce énième déplacement vers un site comme Diamniadio s’inscrit également dans ce cadre de bluff, pour chercher à impressionner, mais les priorités sont ailleurs.

L’implication de la première dame Marième Faye Sall a été citée dans le cadre de la recherche de solution pour apaiser le climat dans le système éducatif. Quel commentaire vous inspire un tel état de fait ?

L’éducation est une question assez sérieuse. Il s’agit de la plateforme où est forgé le capital humain, qui doit porter l’émergence du Sénégal. Malheureusement l’école qui doit former ce capital humain est malade, elle ne marche pas du tout. Il ne s’agit pas de réformes ou de levées de mot d’ordre pour dire qu’on est confortable avec cette question de l’éducation. C’est une question profonde et personnellement, il me semble qu’il soit nécessaire d’envisager une transformation radicale et très profonde du système. Si la question est abordée sous l’angle de l’argent, des indemnités, on accuse un retard extraordinaire et la réponse du gouvernement me semble être extrêmement légère après tant de tâtonnements, de risques pris et de retards accusés. L’autre légèreté extrême est le fait que la question ne soit pas portée par le gouvernement, par les acteurs qui doivent porter et trancher la question. Que l’arbitrage se fasse en dehors du cercle approprié est encore beaucoup plus inquiétant. Quand on dit que la crise a été résolue, il y a un soulagement, mais il faut être inquiet car l’essentiel devrait être dans la logique d’une résolution définitive afin qu’il y ait une accalmie sur une longue période et qu’on puisse installer le système éducatif sur des bases beaucoup plus solides.

Et l’implication directe de la Première dame ?

Ce que je vois m’inquiète, les réponses m’inquiètent et la chose est suffisamment sérieuse pour ne pas être traitée en dehors du cercle qu’il faut, en dehors des acteurs qu’il faut, les acteurs du système. De toute évidence, cela était le cas et des syndicats et des citoyens l’ont décrié et donc je le regrette fort. L’implication et l’engagement de la Première Dame ne doivent mettre à l’écart les véritables acteurs. Je parle avec beaucoup de prudence car j’ignore ce qui s’est réellement passé, mais la situation me gêne. Donc globalement, je suis resté sur ma faim et j’interpelle l’Etat sur la nécessité de revenir sur cette question lorsqu’il y aura plus d’accalmie, pour aller dans le sens d’une transformation profonde du système. C’est là l’attente des parents, des élèves, des Sénégalais, on ne peut pas parler d’émergence sans régler cette question du développement du capital humain, qui passe forcé- ment par une qualité de l’éducation.

Les élections présidentielles approchent à grands pas, serez -vous sur la ligne de départ ?

In challah, je serai candidat à la prochaine présidentielle pour participer à cette délibération collective très importante dans un contexte assez particulier. On voit déjà les débats suscités par ce contexte pré électoral, ce qui fait partie de l’enjeu de cette délibération collective. L’importance de cette élection présidentielle n’est pas le jour du scrutin, mais le contexte que nous sommes en train de vivre actuellement. Les débats qui sont posés, les questions qui sont soulevées, permettent aux citoyens de situer les vrais enjeux. Ils auront aussi la possibilité d’entendre les différents candidats, les différentes offres politiques. Encore une fois je déclare très tôt ma candidature à la prochaine présidentielle, mais je demande aux citoyens de mettre l’accent sur le débat suscité dans le contexte pré-électoral et non sur le jour du scrutin, même s’il est très important.

2018-05-15T21:52:43+00:00